Nouveau Rocher sur le monde bio

Le domaine Benoit Rocher est en conversion bio sur 20 hectares dont deux hectares de Bonnezeaux.

[de François LACROIX - francois.lacroix@courrier-ouest.com / Photo CO - Josselin CLAIR]

(Article du Courrier de l'Ouest du Dimanche 25 mars 2018)

Dans son vaste bureau, un saint Vincent trône sous l’œil du grand-père, Joseph, dessiné au fusain par une ancienne petitemain du domaine. C’était du temps de la Closerie de la Picardie, un drôle de nom pour une exploitation viticole de l’Anjou née à la fin du XIXe siècle à l’emplacement d’une garnison militaire picarde. Benoit Rocher, 47 ans dans quelques jours,a repris la main sur le domaine familial en 2001 avant d’en changer le nom en 2015.Et pas simplement à cause de la confusion géographique qui fit s’arrêter quelques Picards en vacances à Notre-Dame-d’Allençon.

" La maladie de mon père m’a ouvert les yeux "
Benoit Rocher Vigneron

2015, c’est l’année d’un nouveau départ pour Benoit Rocher, d’une envie de faire du vin autrement. Plus proprement. Le vigneron est d’ailleurs intimement convaincu que l’origine de la maladie de son père, Joël, se trouve au fond des bidons de chimie de la viticulture conventionnelle. Bidons qu’il a lui même utilisés… Benoit Rocher parle d’un«mal invisible ».«La maladie de mon père m’a ouvert les yeux. J’ai vite compris que je pourrais me passer de la chimie mais qu’il me faudrait du temps. J’ai attendu d’être prêt économiquement pour engager le processus de conversion»,explique le vigneron de Notre-Dame-d’Allençon.
L’ancien élève du lycée viticole de Montreuil-Bellay a d’abord retravaillé les sols du domaine qui ont retrouvé vie, petit à petit. Il s’est passé de désherbant, a changé de tracteur et s’est pris de passion pour « bidouiller » des outils afin de les rendre le plus efficace possible pour son nouveau mode de production. Rapidement certifié en viticulture raisonnée, Benoit Rocher s’est ensuite attaché à convaincre son entourage qu’il fallait passer la vitesse supérieure et convertir le domaine en bio. Partie gagnée d’avance avec son épouse, biberonnée au bio. Les salariés se sont également montrés enthousiasme. Le papa, beaucoup moins.
« Il est resté bloqué longtemps même si aujourd’hui il est fier de ce que j’ai fait du domaine. Même si je n’ai de leçons à donner à personne. Disons qu’à l’époque, on n’avait pas la même notion d’une vigne propre », raconte Benoit Rocher, avouant qu’il avait perdu tout intérêt à travailler des « sols morts ».
Le vigneron angevin a franchi le pas du bio en 2015. Il vit donc sa troisième année de conversion. Il figurait d’ailleurs parmi les vignerons du salon de la Levée de la Loire début février au parc des expos d’Angers.Sa
prochaine récolte - le millésime 2018 - sera donc labellisée bio avec la certification et le label qui va bien. Ouf ! « La transition n’est pas si simple. Le passage en bio, c’est plus de travail, plus d’observation,  plus d’anticipation mais je ne regrette vraiment pas. La qualité de mes vins s’en trouve déjà améliorée et il était hors de question que je transmette un domaine pollué», dit encore Benoit Rocher.
La transmission n’est pas pour demain. Une nouvelle aventure,oui.Le viticulteur, qui a commencé à s’intéresser à la biodynamie, va pouvoir répondre à des marchés en attente du label bio. Le millésime 2018 de la
prestigieuse AOC bonnezeaux comptera deux domaines en bio : Benoit Rocher et le domaine de la famille Vaillant, à Thouarcé.

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